Annexe au débat nº5

cinquième débat Contribution préparatoire

Nicolas FOUREUR, Aurélie LE BELLER, Danielle MILHAUD CAPPE, Bernadette ROUSSILLE

Le poids de l'argent

Le poids de l'argent est énorme et sous-tend maintes décisions qui, de ce fait, ne sont pas optimales du point de vue des principes éthiques. Tous les principes et pas seulement celui de justice sont impactés.
Le médical c'est le pivot du financement, l'argent public favorise :
  • la médicalisation car il rend gratuits certains actes (qui en réalité coûtent très cher à la collectivité) : réanimations, médicaments de toute sorte, examens sophistiqués, voire opérations donnant peu de chances de guérison ou d'amélioration de la qualité de vie, ceci à des âges très avancés et souvent sans tenir compte des conditions de vie des personnes. Alors même que d'autres actes médicaux bien utiles pour la qualité de vie sont peu pris en charge : lunettes, dents, appareils acoustiques ou prestations comme celles de psychologues ou diététiciens.
  • l'institutionnalisation : parce que celle-ci est soit entièrement médicalisée (maintien à l'hôpital, services de suites), voire comporte un peu de médicalisé (long séjour, EPHAD) et parce que l'aide sociale peut intervenir pour financer des séjours.
  • la partie aide à domicile est moins aidée (limites de l'APA) ou aidée de manière inégalitaire (réductions fiscales qui ne bénéficient qu'à ceux qui payent de l'impôt sur les revenus)
=> injustices, surmédicalisations inutiles, dangereuses, induisant des effets sociaux (ex renvoi à domicile après opération ) qui ne peuvent être gérés ni par les intéressés ni par leurs familles, institutionnalisations excessives.
L'argent privé, la fortune personnelle, le patrimoine renvoient aux inégalités sociales et au poids culturel et psychologique de l'héritage dans notre société : non seulement les futurs héritiers y pensent (ce qui peut aller jusqu'à de la maltraitance) mais les personnes âgées aussi, ne voulant pas priver leurs descendants d'héritage, estimant parfois que la préservation de leur patrimoine est primordiale sur tout le reste, même sur leur qualité de vie. Cela suscite du malaise et fausse les décisions (cas de personnes ne voulant pas dépenser leur fortune, ce qui arrive parfois même s'ils n'ont pas d'héritier… comme si leur vie restante ne leur appartenait pas).

Comment faire pour améliorer les choses ?
  • "démédicaliser" le financement public et le globaliser pour y inclure la dimension sociale : financer le médico social et pas seulement le médical.
  • réformer les règles de l'héritage et diminuer son impact ?


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