La vieillesse peut se définir par la dégradation et la perte progressive des fonctions. Vieillir confronte aux choses qu’on ne peut plus faire. Cette diminution des capacités n’est pas toujours perçue par le sujet âgé lui-même qui peut s’exposer de façon inconsidérée aux risques de la vie quotidienne qu’elle entraîne. A l’opposé, l’entourage personnel ou soignant, par un souci de protection, peut être amené à mettre en œuvre un excès de limites et d’interdits au quotidien du sujet âgé et lui faire perdre ce qui lui restait du sel de sa vie. Ex : Maintien à domicile présentant certains dangers versus placement forcé en institution.
Risque de chutes versus contention.
Suppression d’aliments attrayants versus régime strict prescrit médicalement…
Aujourd’hui le danger réside dans une promotion du bio médical, du progrès médical élevés en « idéologie » au détriment de la promotion du progrès social, de la promotion de ce que le patient veut pour lui-même.(C.Got)
Comment faire entendre la voix des intéressés quand les droits de patients sont objets d’une trop faible attention ?
Au lieu de tout axer sur les soins, ne serait-il pas préférable de travailler sur la prévention (rendre plus secure un intérieur, prévenir le surpoids, favoriser l’hygiène) et raisonner en termes de plaisirs résiduels versus limites, au cas par cas ?
La médecine d’aujourd’hui est-elle capable de définir clairement un risque pour le sujet âgé et de le rendre objectivable ?
Le risque pour un grand vieillard reste l’isolement et le mal-être, le délaissement qui peuvent tout autant survenir au domicile qu’en institution. La médecine peut elle le contrer ?
De plus, trop de protection peut engendrer des risques : limiter voire interdire entraîne déresponsabilisation, démotivation, accroît la dépendance et favorise le « syndrome de glissement » chez le sujet âgé.
Mais le risque majeur pour le sujet très âgé demeure celui de la non prise en compte des conditions du mourir. (C.GOT)
La liberté serait de rester maître, de disposer des moyens de fixer les limites au-delà des quelles on ne veut plus être emmenés mais cela suppose un savoir et des soutiens dont bien peu disposent. La prise en charge médicale du grand âge pose de nouvelles questions éthiques à notre société.
La société a le devoir de protéger les personnes fragiles des risques pour elles mêmes, des risques pour les autres. Il semble difficile de diminuer ces risques sans porter atteinte à la liberté et aux plaisirs de la personne. Au cas par cas l’arbitrage risques/sécurité devrait pouvoir se mettre en place sans arbitraire avec une meilleure prise en compte des voix des intéressés.
Autres points, en vrac
qu’est-ce que prendre un risque à 95 ans ?
qu’est-ce qu’anticiper un risque ? Ce qui arrive est-il ce qui était prévu ?
Faut-il tout interdire aux vieux, les protéger contre la vieillesse qui est aussi la vie ?
prendre en compte l’importance, le sens qu’a le risque pour le sujet : monter sur un sommet d’où on risque de glisser à 90 ans, parce qu’on aime et qu’on a toujours aimé la montagne versus le risque de tomber de son lit, cas du handicapé qui veut faire un vol en parapente…
on ne peut limiter les risques qu’en limitant le plaisir et la liberté. Ex les œufs à la coque interdits dans les EPAD, cela protège des salmonelles mais limite le plaisir du bien manger Ex contention qui empêche de se lever alors que le risque est de tomber.
quand on parle de risques pour une PA, prendre en compte l’ensemble des risques y compris ceux de la protection Ex institutionnaliser une PA pour la protéger contre les chutes éventuelles ou contre la solitude c’est une protection, mais celle-ci n’entraîne –t-elle pas d’autres risques, celle de la déresponsabiliser, de la rendre incontinente, de la démotiver ? effets pervers de certaines surprotections EX la contention augmente en fait les risques de chutes car les personnes ne sont plus habituées à se lever…
le risque majeur n’est-il pas celui de la mauvaise mort ?
qui doit décider ? L’entourage souvent doit arbitrer entre risque et sécurité. Cela entraîne un sentiment de culpabilité
les professionnels sont dans une position très différente de celle de la famille et du sujet : pour elles la sécurité est un objectif propre, un risque juridique qui peut être sanctionné.
la démence et les maladies neurovégétatives sont des situations particulières, parce que là, le sujet n’a pas du tout conscience des risques.
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